Comment faire un bon pitch ? Retour d’expérience et erreurs à ne pas reproduire.

par | 13 Oct 2022 | Type

Cet été j’étais à Avignon, au festival Off en tant que comédienne et metteuse en scène de Séisme, et metteuse en scène de La fin du monde est pour dimanche avec notre Cie La Romance Infernale. Et du 1er au 30 Juillet, nous avons fait le pitch de nos spectacles, tous les jours, à toutes les personnes croisées (ou quasi).

Ce festival, pour ceux qui ne connaissent pas c’est le plus gros marché du spectacle vivant en Europe. Cette année, il y avait 1570 spectacles qui se jouaient tous les jours ou presque, pendant 3 semaines. Soit 1570 concurrents directs.

mur d affiches avignon off

Bref aperçu de la concurrence

Le but de tous ces spectacles, attirer un maximum de programmateurs et de spectateurs à venir les voir. Quel que soit l’horaire, le jour, ou les évènements extérieurs (la canicule, les incendies dans la région…). Pour d’une part, rencontrer du public et d’autre part être programmé dans des théâtres sur les saisons suivantes.

Tous les moyens sont donc bons pour attirer les festivaliers dans les salles : les flyers, la com’ sur les réseaux, les affiches et… le pitch.

Ce dernier prend une autre dimension à Avignon : on trouve de tout : les extraits de spectacles, les parades chantées, dansées, les happenings, et le pitch de présentation aux potentiels spectateurs.

C’est de ce dernier dont je vais vous parler, et uniquement pour la pièce Séisme, ce qu’on a choisi de faire, pourquoi, comment, nos réussites et nos erreurs.

Etat des lieux

les flyers supports de nos pitchs

Les flyers, nos suports de pitch : toutes les infos importantes sont reprises dessus

Parlons uniquement de Séisme. La pièce est peu connue, de même que l’auteur qui est contemporain. Notre compagnie est jeune, peu connue également. On partait avec pas mal de handicaps.

Le sujet de la pièce est à la fois un avantage et un désavantage :  un couple se pose la question d’avoir un enfant dans notre monde d’aujourd’hui, et en particulier aborde la question du réchauffement climatique. Très actuel donc, mais dans l’imaginaire des spectateurs très anxiogène.

Bilan on a eu au total 85 spectateurs pour 11 représentations, une moyenne un peu au-dessus de 7 par soir. C’est peu, mais si tu rapportes le nombre total de spectateurs sur le nombre de spectacles et de jours, on est pile dans la moyenne. Et ça n’a rien d’anormal à Avignon, surtout quand certaines têtes d’affiches remplissent des grandes salles à chaque représentation grâce à leur notoriété (et donc « pompent » beaucoup de  spectateurs potentiels sans « rien » faire).

Bref, c’est dans la moyenne et il y a quelques leçons à en tirer. Et on a de la matière, parce qu’on a dû pitcher pour Séisme environ 4000 fois à deux sur toute la durée du festival.

comment faire un bon pitch

Prêts à pitcher !

Leçon n°1 : Ton pitch par cœur tu apprendras.

Pas d’hésitations, pas de doutes, pas de questionnements, ton pitch doit être prêt pour n’importe quelle circonstance. Dans la rue, au bureau de tabac, à un workshop, ou quand tu fais la queue pour aller voir un spectacle. Aucune circonstance et aucun interlocuteur même déstabilisant ne doit pouvoir te faire perdre tes mots si tu veux rester précis et le convaincre.

C’est d’ailleurs le seul type de prise de parole que je te recommande d’apprendre par coeur. Si ce n’est pas un pitch que tu veux préparer, lis cet article.

Leçon n°2 : Ton pitch tu adapteras à tes interlocuteurs

Oui, il est important de jauger (je ne dis pas juger, mais bien évaluer) les personnes à qui tu parles, et d’avoir deux ou trois versions de ton pitch prêtes.

Par exemple, il était inutile de commencer avec un couple de plus de 50 ans par : Est-ce que vous voulez avoir des enfants ? Par contre avec les moins de 30, c’était assez pertinent.

Dans la même lignée, si tu poses une question, c’est important de savoir comment tu enchaînes en fonction de la réponse. Et parfois il y a des réponses surprenantes, alors à toi de t’adapter le plus vite possible.

Leçon n°3 : ton pitch tu analyseras en fonction des résultats

Les deux premiers jours, notre pitch n’a convaincu personne. Vraiment. Au-delà de la déception c’était important de comprendre ce qui ne fonctionnait pas.

On a déduit des conversations qu’on avait quand on pitchait qu’on n’était pas assez précis : les gens pensaient que le couple se questionnait toute la pièce sur avoir ou pas un enfant. Alors que ce n’était que le point de départ, la situation initiale. A vouloir teaser sans trop en révéler, on n’en disait pas assez.

Leçon n° 4 : Ton pitch sera bref, précis, et donnera envie d’entamer la conversation.

Toute la difficulté est là. En dire assez sans être trop long pour ne pas perdre l’attention de tes interlocuteurs. Être précis pour qu’ils sachent à quoi s’en tenir. Ne pas en dire trop pour qu’il leur reste des questions à poser.

Leçon n° 5 : Ton pitch tu feras devant un maximum de gens sans te décourager.

Beaucoup de choses échappent à ton contrôle, alors ce pitch, il faut le dire à toutes les occasions, et devant toutes les personnes possibles.

Pour nous certains festivaliers avaient déjà réservé tous leurs créneaux ; ou quand on croisait leur route, ils étaient déjà sur le départ. Ou alors ils n’étaient pas notre cible (ils ne voulaient qu’un spectacle comique ou pour enfants…). Ou, ils n’étaient pas disponibles pour nous écouter (trop faim, trop chaud, déjà tous les créneaux de pris, ou trop de spectacles vus…).

Oui c’est parfois difficile de continuer, mais plus le nombre de personne qui va t’entendre est grand, et plus tu auras des chances d’avoir un résultat.

Sois le meilleur et le plus précis possible, et rappelle-toi… tu n’es pas responsable de tout.

Les leçons bonus pour réaliser un bon pitch

  • En forme tu seras (dors assez, hydrate-toi, mange correctement)
  • Ton débit de parole tu soigneras. Tu dois être bref oui, mais parler trop vite non (et pourtant oui, ça m’est arrivé aussi)
  • Ton implication et ta motivation tu mettras au service de ton pitch. Si tu n’y crois pas toi-même, tes interlocuteurs non plus…
  • Sapes-toi en cohérence avec ton message et ton public cible ! Tu délivres aussi un message par ton image. Il doit être aligné avec ton pitch.

 

Conclusion

Ce qu’on aurait pu faire de mieux et on n’a pas osé (là je suis en totale transparence avec toi), c’est amorcer notre pitch avec un extrait de la pièce. La peur qu’on a eu n’était pas rationnelle du tout (ça n’aurait pas été incongru dans ce contexte, les festivaliers sont habitués à voir de tout, on a l’habitude d’être sur scène… bref, je ne sais pas)

A la réflexion, c’est dommage et je regrette de ne pas avoir essayé. On aurait risqué quoi de le faire une journée pour tester ? Pas grand-chose, sauf d’avoir plus de monde.

C’est facile à dire maintenant avec le recul ; sur le moment, la tête dans le guidon, on est resté sur le même type de pitch ; il a évolué au fur et à mesure certes, il s’est précisé, adapté, mais on ne l’a pas radicalement transformé. La prochaine fois on essayera !

Cet article t’es utile ? 📌 Epingle-le sur Pinterest pour le retrouver facilement quand tu en auras besoin

Ces articles peuvent également t’intéresser

Comment parler en public ? de Dale Carnegie – résumé

Dans la lignée des livres concernant la prise de parole en public, j’appelle “Comment parler en public” de Dale Carnegie. Toujours à la recherche d’infos qui pourraient t’être utiles pour prendre la parole en public, je te livre ce que j’en ai retenu et que tu peux appliquer à tes propres prises de parole.

lire plus